Exercice N°3 - Récapitulatif

Publié le par Nandra-chan

Avant les résultats de l'exercice n°4, ce soir, voici un petit récapitulatif de l'exercice n°3.

Le texte d'Eva : Le mystère du débarabordel
Le texte de Spark : Bananier !

Et le mien :

Entretien

Je pousse la porte à doubles battants du couloir de l'Administration. Je connais cet endroit, j'y suis souvent venue, étant gamine, quand j'étais convoquée chez le directeur, ou quand je devais passer au secrétariat voir Madame Latoque, un vieux chameau à l'haleine pourrie. Maintenant, je suis adulte, du moins j'aime à le croire. J'ai changé, ou non. Quand je regarde autour de moi, je me sens pas dépaysée. Rien n'a changé. Si on m'avait dit, quand j'étais élève dans cet établissement, qu'un jour, je me sentirais vraiment heureuse de me retrouver là, j'aurais bien rigolé. Pourtant, c'est ce que je ressens en ce moment. Ça fait vraiment plaisir de revoir tout ça. Et je me rends compte que mes « années collège » étaient des années joyeuses et insouciantes. Le linoléum brillant, impeccablement ciré, couicouique sous mes semelles en caoutchouc, les murs au vert vif n'ont pas terni malgré le passage des ans, de grosses plantes en pot vertfeuillisent, alignées le long des cloisons, je me sens encore comme la fillette que j'étais alors. Et je suis tout aussi intimidée. La seule différence est que je ne me sens pas coupable comme à l'époque, où je tremblais bêtement de peur tout en sachant pourtant que je n'avais rien fait de mal. Non, aujourd'hui, c'est simplement que l'enjeu est de taille ; je dois absolument décrocher ce job de pionne.


Il y a du monde ; une vingtaine de personnes. Des jeunes, essentiellement, des étudiants, sans doute. Une ou deux femmes plus âgées. Quand je franchis le seuil, la porte claquesèche derrière moi, me fait presque sursauter. Tous les regards se tournent dans ma direction. Gênée, je fourre mes mains dans mes poches. Les bâtonnets de poisson pané que j'ai mangés à midi me pèsent sur l'estomac. Tous les fauteuils sont pris. Ça ne fait rien. Je m'adosse contre la cloison en intériorâlant un peu. L'attente va durer des heures.


Soudain, elle diablordessaboitise de son bureau. Toujours aussi énergique ! Madame Raffard. Elle n'a pas changé d'un iota. Elle a toujours les mêmes cheveux sombres, élégamment chignonnés. Vive les colorations. Elle porte toujours la même couche de maquillage, et ce rouge à lèvres criard, qui  serait vulgaire sur une autre, mais qui lui va plutôt bien. Une verrue bulbise juste au-dessus de la lèvre supérieure. Et son sillage a toujours l'odeur lourde d'un parfum de grande qualité dont, j'avoue, j'ignore totalement le nom. Elle fait quelques pas dans le couloir. Ses talons claquent sur le sol.


Elle s'arrête et ses yeux parcourent le couloir, s'arrêtant brièvement sur chaque visage. Elle a un petit sourire aux lèvres, et pourtant, tout le monde est intimidé. Les fronts s'abaissent, les paupières aussi, les doigts se nouent, coincés entre des genoux qui se resserrent. Et soudain, elle pousse une exclamation joyeuse et bien trop bruyante à mon goût :


-         Nandraaaaaaa !


Elle se précipite vers moi, très amicale, et me prend par les épaules. Et voilà qu'elle me fait la bise ! Je crois que je dois rougetomatiser à mort ! Mais elle fait mine de ne pas s'en apercevoir. Elle a du tact.


-         Tu n'as pas changé, tu sais ! me dit-elle en m'entraînant vers son bureau. Ça fait tellement plaisir ! Des bonnes élèves comme toi, on n'en a pas connu beaucoup !


Bon gré mal gré, je l'accompagne dans son antre. Dire que je tremblais comme une feuille quand j'étais convoquée chez la conseillère d'éducation, à l'époque. Aujourd'hui, je dois dire que je suis ravie, même si j'ai quelques scrupules, fort hypocrites, à être arrivée la dernière et à pénétrer la première dans le bureau.


-         Tu as un joli CV, me dit-elle. On voit que tu t'y connais en informatique.


Elle rit.


-         Moi je suis nulle en ordinateurs ! ajoute-t-elle avant de joindre ses mains devant elle, sur son bureau, et de se pencher vers moi. ALORS, dit-elle, me faisant sursauter, avant de reprendre, plus doucement. Qu'est-ce que tu deviens ?


Je lui raconte un peu ma vie, en essayant de faire celle qui fait la brave mais qui n'arrive pas à dissimuler totalement ses problèmes. Ça a l'air de marcher. Elle me regarde avec un sourire compatissant.


Au bout d'un moment, elle me sourit, elle me dit qu'elle est contente de me revoir et elle se lèvre, me signifiant que l'entretien est terminé. Elle m'indique la date de la rentrée scolaire puis elle me dit que les surveillants doivent venir une semaine avant, c'est-à-dire dans huit jours, pour préparer les élèves.


-         Ça tombe un dimanche, lui dis-je, un peu étonnée.


Je réalise mon erreur ; elle pourrait croire que ça m'ennuie de travailler un dimanche ! Mais elle prend ma remarque pour ce qu'elle était, un simple mouvement de surprise.


-         Pas de repos dominical pour les braves, me répond-elle en riant. N'oublie pas d'aller voir Monsieur Blanchet, le premier jour, pour signer ton contrat de travail.


Puis elle ouvre la porte et me pousse dehors. Son geste, sa main dans mon dos, maternautoritaire, me rappelle mes années en tant qu'élève. C'est de cette façon qu'elle nous pilotait souvent dans la cohue à l'entrée du réfectoire. Je me sens un peu nostalgique, tout à coup.


Dans le couloir, de nombreuses paires d'yeux se braquent sur moi. La plupart des regards sont franchement hostiles. Je les comprends, je les ai prioritogrillés en beauté. Et Madame Raffard a la voix qui porte, je suis sûre qu'ils ont tout entendu de ce qu'elle a dit. Ils savent qu'elle les entendra, chacun leur tour, mais qu'ils n'ont pas leur chance. Le poste est déjà pourvu. Ils doivent croire que je me suis fait pistonner. Même pas vrai, en fait. Mon seul piston, c'est le fait que quand j'étais élève ici, j'ai été tête de classe pendant quatre ans, et que je me suis seulement fait remarquer par mes bons résultats, sans jamais faire la moindre bêtise. Pas une colle, pas une observation, même pas un mot sur mon carnet de correspondance. J'étais une élève modèle, en somme. Comme quoi, être sage à l'école, ça sert, un jour ou l'autre, et pas toujours de la manière à laquelle on pourrait s'attendre.

Je serre les fesses en parcourant à l'envers le chemin vers les escaliers.


Ce n'est qu'une fois en bas, sous les arcades qui courent tout le long de cet ancien manoir transformé en collège, que je parviens enfin à laisser éclore un grand sourire. J'ai le job !

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Et voilà ! Pour l'exercice à rendre aujourd'hui, envoyez-moi les liens par email pour en message sur MSN. Je ne suis pas là cet après-midi mais je ferai l'article dans la soirée.

 


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Publié dans Exercices

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I
super sympa se texte et c'est vrai que les mots coulent tout seul dans le texte^^sinno c'est pas moi qui pourrait faire ça dans mon collège ou ailleurs xD je crois qu'ils étaient trop content d'être débarassé de moi (et inversement)gros Kissu Riri
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E
Hyuuh! Ouais, ça sert d'être bon élève (j'épère néanmoins ne jamais avoir besoin d'utiliser cette donnée...mais le prends pas mal Na-chan!). J'ai adoré tes néologisme, notament le rougetomatiser et cuicuiquer... trop drôles! Et ça passe tout seul dnas ton texte! Sinon, je t'ai envoyé le lien du poème par mail, mais ça, tu dois déjà le savoir! ^^Un gros Kisu, j'ai hâte de voir les réultats de ce soir ainsi que j'exercice de demain.
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