Le temps...
... parfois, passe si lentement ! Je me suis couchée, je n'ai pas dormi, mais j'ai rêvé. Toute éveillée, adossée à mon oreiller, pendant un long moment je me suis déconnectée de la réalité. A quoi pouvais-je donc penser ? Je ne me le rappelle plus vraiment : un ami perdu, des souvenirs de sourires, une terrasse d'auberge coiffée de glycine, et un fantôme que je croyais avoir repoussé, mais qui n'avait fait que sortir de mon champ de vision sans vraiment s'éloigner.
Et j'ai ouvert les yeux, sur la nuit, l'obscurité, la chaleur, la solitude. Je me sentais épuisée, mais je savais que je ne dormirais plus. J'ai dit : "écris". J'ai rallumé ma lampe de chevet. Un classeur en guise de support, un cahier en papier recyclé, un bon vieux BIC ; je voyais à peine les lignes tant mes yeux voulaient se fermer. Mais mon esprit, lui, refusait de s'arrêter. J'ai écrit.
" Le soleil était à peine levé et il y avait dans l'air cette douceur sèche des aubes d'été, bien que la saison ne fut pas encore arrivée. Mais chacun, à Sharla, savait que ces instants de légèreté ne dureraient pas. On pouvait déjà sentir, sur la peau, en filigrane de l'atmosphère matinale, la promesse brûlante de la canicule en devenir."
Puis l'image d'un visage familier m'est apparue, avec ses yeux cernés, ce regard fatigué, hanté. Un seul être vous manque,... et le sommeil vous fuit. L'inspiration aussi.
Alors je me suis levée et me voilà, à compter les minutes qui me séparent du lever du jour. Pourquoi ? Qu'est-ce que le matin m'apportera de plus ? S'il fait aussi gris qu'aujourd'hui, je ne sais pas vraiment. Je retourne écrire, et, qui sait, peut-être que je pourrai au moins remplir une page de mon cahier.