Katia - Episode 4 - La Dame de la Lórien

Publié le par Nandra-chan

Katia attendait sur une plateforme de bois, bâtie sur les branches maîtresses d'un immense mallorn. Legolas était parti depuis un moment pour prévenir Dame Galadriel de son arrivée et de la présence d'une invitée. Tout en regardant autour d'elle, la jeune fille s'efforçait de garder l'esprit ouvert, mais ce n'était pas très facile, sans doute, essentiellement, parce qu'il y avait des elfes partout.

 

Pendant toute sa petite balade en forêt, elle avait questionné le blond pour essayer de comprendre qui lui était arrivé, et surtout comment elle pourrait rentrer chez elle, à Clermont. Son guide était plutôt sympathique, finalement, et il avait l'air d'en connaître un rayon sur la région, mais il ignorait où se trouvait le Massif Central, il ne savait pas ce qu'était la France, il n'avait jamais entendu parler de « cabine téléphonique », ne savait pas ce que signifiait « passer un coup de fil », et ne connaissait pas de commissariat, de service des objets trouvés, de refuges de la SPA, n'avait jamais été présenté à William Turner ni à Jack Sparrow, n'avait jamais travaillé avec Johnny Depp, mais oui, par contre, un jour, il était tombé d'un toit et il avait bien failli se rompre le cou.

 

Finalement, Katia avait renoncé à le harceler. Il ne pouvait visiblement pas l'aider, et il ne comprenait pas la moitié des questions qu'elle lui posait. En plus, le pauvre, il y mettait vraiment de la bonne volonté et il était tout perturbé de ne pouvoir lui être d'aucun secours. Et même si la jeune fille avait, parmi ses connaissances, un certain nombre de tortionnaires de blonds, elle ne possédait pas ce penchant hautement pervers et elle s'en voulait de le déstabiliser.

 

Mais depuis qu'elle était arrivée à Caras Galadhon,  la cité dans les arbres, elle se sentait plus mal à chaque minute. Il fallait bien se rendre à l'évidence, elle n'était pas dans un jeu de rôle Grandeur Nature, comme elle s'était plu à l'imaginer. Ces gens étaient vraiment ce qu'ils avaient l'air d'être, et elle, elle commençait à se demander ce qu'elle foutait là. Et, plus important, comment en sortir ? Peut-être que Dame Galadriel aurait quelques réponses à lui fournir ? Après tout, elle était d'une grande sagesse.

 

Des pas retentirent dans l'escalier qui s'enroulait autour du tronc du mallorn, annonçant le retour de Legolas, et Katia eut un petit sourire reconnaissant. C'était vraiment gentil de la part du jeune homme, capable de se déplacer aussi silencieusement qu'un chat, que de s'annoncer de cette façon pour ne pas la surprendre. Elle se retourna donc pour l'accueillir sur la plateforme - le telain, comme il disait - et se composa un visage souriant, mais la petite attention dont il venait de faire preuve lui avait fait monter les larmes aux yeux. Elle se traita de gourde.

-         Est -ce que tout va bien ? lui demanda l'elfe en voyant qu'elle faisait une drôle de tête.

Katia renifla un peu et lui sourit.

-         Oui, désolée. C'est juste que je suis un peu paumée.

Le blond réfléchit un instant, l'air d'essayer de comprendre ce qu'elle venait de dire, puis lui rendit son sourire.

-         Ne vous inquiétez pas, Dame Katia. Dame Galadriel est prête à vous recevoir, elle saura sûrement que faire pour vous aider à retrouver votre route. Veuillez me suivre, je vous prie.

La jeune fille lui emboîta le pas avec une petite grimace. « Dame Katia » ? Elle ne se sentait pas exactement comme une dame. A vrai dire, elle se sentait plutôt comme une vieille serpillière, là, tout de suite.

 

Pendant que Legolas la guidait dans les escaliers et sur les passerelles de la cité sylvaine, elle put, pour un temps, oublier ses préoccupations tant le spectacle était à la fois magnifique et surprenant. Il n'y avait pas à chicaner, ces elfes s'y entendaient comme personne pour bâtir leurs maisons en harmonie avec la nature. Si elle n'avait pas été aussi angoissée - elle était quand même morte il y a quelques heures, elle avait du mal à avoir le cœur léger -, elle aurait pris beaucoup de plaisir à la promenade.

 

Son guide la conduisit dans une grande salle, et le peu de soulagement et de joie qu'elle avait ressentis s'évanouit aussitôt, tandis qu'elle s'avançait timidement au milieu des gens qui s'était rassemblés là. Ils étaient tous si grands, si beaux, et si bien habillés ! Elle se sentait encore plus moche et mal fagotée que d'habitude. Et ce fut pire encore quand ses yeux se posèrent sur la femme aux longs cheveux blonds et bouclés qui était assise face à l'entrée dans un fauteuil à haut dossier.

 

Legolas s'avança jusqu'à elle, s'arrêta et s'inclina profondément.

-         Dame Galadriel, voici Dame Katia, la jeune fille dont je vous ai parlé.

La femme lui sourit, lui fit un léger signe de la main, puis se leva et s'approcha de Katia qui n'en menait vraiment pas large. Tout, dans cette créature, n'était que beauté, grâce et mystère. Sa longue robe blanche aux manches amples tombait parfaitement sur son corps élégant, son visage était celui d'un ange, et ses yeux bleus, même quand elle la regardait, semblaient posés sur un spectacle lointain et invisible au commun des mortels. Quand elle parla, sa voix était douce mais empreinte d'une certaine fermeté.

-         Soyez la bienvenue à Caras Galadhon, jeune mortelle.

-         M... Merci.

-         Venez, faisons quelques pas. Nous avons à parler.

L'elfe entraîna sa compagne vers une plateforme qui dominait une vaste clairière éclairée par des lanternes aux formes tarabiscotées, dispensant une clarté lunaire.

-         Legolas nous a parlé de votre situation, dit-elle en s'accoudant délicatement à la balustrade. Et je suis embarrassée.

-         Désolée de vous déranger.

-         L'hospitalité des elfes vous êtes offerte. Mais je crains, malheureusement, de ne pouvoir vous aider. J'aimerais entendre de votre bouche le récit de ce qui vous est arrivé.

-         Ben, j'allais au travail, comme tous les matins, et en traversant la rue j'ai eu un accident. Je me suis fait renverser par une... une voiture. Enfin je pense pas que vous sachiez ce que c'est, mais en gros, c'est comme une sorte de carrosse qui roule tout seul. Bref, c'est très gros, très lourd, et ça va très vite, et elle m'a renversée et projetée en l'air. Et je crois que je suis morte. Enfin je le croyais mais je me suis réveillée dans cette forêt. Et je sais pourquoi je suis là, et je sais même pas où je suis exactement. Et tout ce que je voudrais, c'est rentrer chez moi, à Clermont-Ferrand.

 

Galadriel fronça légèrement ses sourcils élégants.

 

-         Vous pensez vraiment être morte ?

-         Ben... j'ai pris une bagnole en pleine face... pardon, je voulais dire, généralement, les gens qui se font renverser par des voiture roulant à vive allure meurent. Et je pense que si je n'étais pas morte, je ne me serais pas retrouvée ici. Je serais à l'hôpital en train de me faire soigner.

-         Donc, selon vous, l'endroit où vous vous trouvez actuellement n'appartient pas à votre monde.

-         Eh ben, ne le prenez pas mal, mais là d'où je viens, la Lórien n'existe pas. C'est un endroit qui vient d'une histoire inventée par un type qui s'appelle Tolkien. Le Seigneur des Anneaux, ça vous dit rien ?

-         Vous parlez des anneaux de pouvoir ?

-         Oui. Un anneau pour les gouverner tous, un anneau pour les trouver, un anneau pour les amener tous...

-         Et dans les ténèbres les lier. Que savez-vous des Anneaux de Pouvoir ?

-         Je sais que celui qui est à votre doigt s'appelle Nenya. Mais honnêtement, pour l'instant, les histoires d'anneaux ne m'intéressent pas du tout. Tout ce que je veux, c'est rentrer chez moi.

-         J'aimerais vous aider. Malheureusement, si ce que vous me dites est vrai...

-         Bien sûr que c'est vrai.

-         Je ne mets pas votre parole en doute, je sais que vous ne me mentez pas. Mais vous avez eu un grave accident, et votre perception de ce qui est arrivé à pu être altérée. Il se peut que vous ne soyez pas morte et que vous ayez simplement... basculé dans notre monde. Cependant, le risque existe que vous soyez réellement morte, auquel cas je ne peux vous renvoyer dans votre monde. Comprenez-vous pourquoi ?

-         Parce que si j'y retourne, je vais être mourir pour de vrai ? demanda Katia, horrifiée par sa propre déduction.

 

Les larmes lui montèrent aux yeux. Elle avait fini par reprendre un peu espoir, par se dire qu'elle avait une deuxième chance, ou quelque chose comme ça. Peut-être qu'elle était tombée dans le coma et qu'elle faisait une sorte de rêve, que c'était pour ça qu'elle ne ressentait pas ses blessures et qu'elle s'était retrouvé dans un lieu imaginaire. Mais si cette femme avait raison...

-         Alors, je crois que je devrais peut-être rester ici. Non ?

Galadriel remua doucement la tête en signe de dénégation.

-         C'est malheureusement impossible.

-         Je ne vous gênerai pas ! Je quitterai la Lórien si vous ne voulez pas de moi et j'irai... chez les hobbits, tiens !

-         Je vous l'ai dit, l'hospitalité des elfes vous est offerte. Vous pouvez rester aussi longtemps que vous le désirez. Cependant, vous n'appartenez pas à ce monde, et nous vivons des temps troublés. Les Anneaux de Pouvoir se réveillent et, d'ici peu, les elfes quitteront ces terres. Nous vivons une époque dangereuse, et je ne sais ce que la présence d'une étrangère, venue d'un monde qui n'est pas le nôtre, pourrait engendrer. Si vous restiez, vous pourriez être exposée à des périls insurmontables auxquels vous n'êtes pas préparée. De plus, votre vie a été suspendue, et il serait préférable pour vous de résoudre ce problème.

-         Mais alors, qu'est-ce que je vais faire ?

-         C'est à vous de le décider. Si vous souhaitez rester, je ne m'y opposerai pas. Mais si vous souhaitez obtenir une chance de retrouver votre monde et de sauver votre existence, je vous guiderai dans cette voie. Ce sera un chemin long et difficile, et je ne peux vous assurer du résultat, mais peut-être cela vaut-il la peine d'essayer.

-         Et comment vous allez faire ça ?

-         Je dois y réfléchir encore et vous êtes fatiguée. Legolas va vous conduire en un lieu où vous pourrez prendre une collation et vous reposer. Je vous reverrai demain matin. Vous me ferez alors part de la décision que vous avez prise.

 

L'elfe se redressa, signifiant par là que la conversation était terminée, et retourna dans la grande salle.

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Publié dans Mes textes - Katia

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Commenter cet article
I
" Un anneau pour les gouverner tous, un anneau pour les trouver, un anneau pour les amener tous,  et dans les ténèbres les lier.Au pays du mordor où s'étende les ombres..."Non je ne suis pas fan de Tolkien et non je ne connais pas le passage par coeur... Mais c'est marrant j'ai pas pu m'empêcher de reciter en lisant^^Et en parlant de tortionnaire de blond... J'en connais une tout particulièrement, et son pseudo commence par un N...Bref vivement la suite... C'est sur que à sa place, on se demande bien comment faire, rester serait tentant mais bon...Et je vais arrêter là, je divague, la fatigue sans doute vivement la suite x3
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N
<br /> Avec un nom qui commence par N... Je vois pas... vraiment pas...<br /> <br /> <br />
E
Moi aussi je connais des tortionaires de blond, y'en a une particulièrement qui aime vraiment s'acharner sur les blonds aux yeux bleus. Sinon sympa ce chapitre, pauvre Katia, un peu déboussolée, et ouais, quand on débarque en Lorien habillée etc comme chez nous, on doit se sentir autant à sa place qu'une mouche à vache au millieu de papillons exotiques. Bref, à demain pour la suite!
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N
<br /> Oui la pauvre, elle est pas au bout de ses surprises, mais toutes ne seront pas désagréables ! <br /> Et je ne vois pas à qui tu fais allusion pour les tortionnaires de blonds, vraiment...<br /> <br /> <br />